Poésie, textes libres, inspiration du moment...

 

Frédéric le dit lui-même, il n'est pas un poète. Sa plume aime toutefois à se laisser gambader dans les espaces inexplorés du moment, au gré d'un souffle d'inspiration.

Sans chercher à aboutir, sur un clavier de PC, sur un bloc-notes ou une simple feuille de papier saisie, il pose des mots, des phrases, pour dire, pour faire ressentir et partager...

Nous avons ajouté ici quelques-uns de ses derniers textes libres qui, parfois, deviennent aussi des chansons.

Bonne lecture !

 

 

La fin du jour - slam n°1

 

 

La toile

Autour de toi, le reste du monde ne te regarde plus, tu t'évades par le moyen de ta chambre, connecté sur un débit de haute portée, qui t'emporte jusqu'à l'autre bout de la terre... ce qui était lien social d'antan n'a plus de sens dans ton siècle, il faut de ce qui vient de loin, de l'exotique à tous niveaux, sans tri, sans mesure

 

Serait-ce si simple et si vrai que d'avoir des "amis" sur la toile d'une araignée gigantesque qui laisse courir ses petits au gré des fils ? mais tout toile dépend de son support solide sur lequel elle est accrochée et repose... si celui-ci s'effondre, la toile tombe en un entremêlé informe disgracieux

 

Mais même, il ne nous faut pas voir le mal ou le bien de façon si superficielle. L'Internet a prouvé qu'il était possible de commettre de vraies relations, de vrais liens, de l'authenticité... pour peu que nous sachions être simples et authentiques, non pas fardés d'atours sociaux qui nourrissent préjugés et sentiments faux

 

Nous resterons donc aussi proches les uns des autres que si nous étions voisins de maison à maison... la distance, géographique ou de temps, n'importe que dans la force qu'elle donne au manque de l'autre... nous aurons toujours des rendez-vous à honorer, des moments à partager, de la vie à consommer...

 

Loin des prêcheurs de pacotille nous alimenterons la notion de partage des échanges en lignes qui n'ont plus besoin de calèche postale pour parvenir... du temps lointain au temps réel, dans l'instant qui suit tu peux lire et me répondre : formidable avancée qui n'a pas pour autant nuit à la sentimentalité

 

Faisons de l'impossible le possible d'un autre monde qui revêt l'artifice de nos rêves uniquement pour nous aider à les construire dans la réalité sociale !

 

 

Un manque qui fait connaitre le sublime de l'unicité

Il y a ce chant magique de la Sorcière Rouge, d'un horizon d'accents tremblants qui donne à la nuit la couleur parodie des années oubliées. De vers en verres je consomme les maux des canidés meurtris aux coups des maitres indignes. Alors la douleur se fait couleur de vie, reflet honteux des calomnies taboues.

 

Au centre du cercle de platine lunaire je l'ai vue voler d'un point à l'autre du ciel pénombre. Enchanteresse de titane qui possède la légèreté matérielle et la solidité des affligés aux vies d'enfer, elle a marqué dans mon cou ses crocs de femme vampire. Cannibale de mon cœur elle ne m'a laissé que mon âme à vendre au premier diable qui passe...

 

Je garde sur mon corps sacrifié le souvenir de notre dernière étreinte charnelle, immense tatouage à l'intérieur de mon enveloppe. Chacun de mes sens a gardé captive une sensation propre à lui pour me redonner sur l'autre scène des effluves oniriques.

 

Marcheur, rêveur, chanteur à des heures imprévues je vais au conte de l'espoir donner la clé de Sol. Aucun jour ne contient assez de temps pour permettre à mes lignes de se satisfaire de leur écriture. Je dois à ma muse ensorceleuse le pouvoir de faire courir ma main sur la page blanche d'un clavier azerty muet avant qu'elle ne l'anime.

 

Kardec n'aurait pas fait mieux parler les esprits que la déesse des ombres rouges n'en est capable de le faire par le biais de ma prosodie. A chaque syllabe qui devient son je greffe une note pour que les deux s'accordent en une musique composée d'intemporelles sensations.

 

Il est vie ce qui ne reste pas gisant et crée le mouvement. Elle est mère celle qui a créé le vivant en lui donnant l'élan aimant. On lui accorde le don rare d'engendrer le génie à la seule force de sa matrice. Mais point n'est besoin d'une chair incarnée pour qu'elle fasse vivre les êtres, l'once d'un désir peut suffire.

 

Il est parfois des instants dans la vie où on hésite à la création, à dire ou à écrire, à faire un geste ou même à esquisser. Parfois l'intuition nous indique la retenue, mais malgré tout on commet le geste, le mot, le souffle... puis vient le moment qui nous donne le regret de n'avoir pas suivi la prudente hésitation.

 

Mais même, au moins aura t-on vécu le risque, le moment. Si nous ne faisons nourriture que de regrets peu de choses belles viennent à fleurir. Au-delà de la lassitude qui peut suivre l'effort du don on peut se trouver plus riche de la joie d'avoir nourri celui qui avait faim.

 

J'ai recueilli un soir une fleur qui avait besoin d'un terreau nouveau pour retrouver sa beauté originelle. Elle était fragile, au manque d'air qui irritait ses poumons. Ses yeux criaient l'appel de l'amour. Je l'ai prise dans mes bras, pour la bercer, ne sachant au départ qu'en faire.

 

Je cherchais un espace de terre où elle pourrait trouver à reposer ses racines mutilées. Aucune terre vierge n'existant, je décidais de remettre en état un vieux terrain de peines. Oublié dans un bosquet d'arbres il faisait sa discrétion en herbe jaune.

 

Ma fleur s'y trouva bien... je fus surpris de la voir vite grandir et reprendre des forces. Vers l'astre d'or elle tournait la tête, réveillée de ses songes de doutes. Je me suis assis tout proche d'elle le temps nécessaire... puis je me suis effacé dans le silence, entre deux notes de guitare.

 

Ma fleur s'incarna par magie en femme magique. Les premiers jours je ne parvins pas à la reconnaitre, mais rapidement je pris conscience de sa force et de son pouvoir sur moi. Elle avait teint les esquisses de ma prose d'une couleur nouvelle qui réveillait en moi l'énergie vitale. Elle me rendait ce que je lui avais, juste avant, donné... la vie, l'amour !

 

Depuis lors, chaque matin qui nait, je me réveille avec le sentiment étrange de sa présence à mes côtés, alors même qu'elle est si loin, dans l'espace et dans le temps. Mais je l'aime, dans ma retenue, ma patience ou ma tolérance aux aléas de nos vies. Je la sais vive comme la flamme, brulante de ma peau et douceur de mon cœur.

 

Quiconque aura croisé comme moi, un jour ou un soir, une fleur comme la mienne, comprendra ma pensée dédiée dans l'air vivant, volant au gré des remous de hasard. Si vous la croisez, je crois que vous saurez la reconnaitre, c'est la sœur du Petit Prince... et les champs de blé me rappelle ses cheveux, à moi qui pourtant mange du pain... et j'en suis heureux !

 

"On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux"... qu'importe le prix des choses si on ne sait voir la valeur de l'essentiel, du lien qui nous unit à nos proches, à ceux qui nous aime.

 

Moi, orphelin, je me trouve heureux de connaitre cette sensation du manque de l'autre, quand bien même elle me fait mal... si je n'avais pas, je ne saurais pas...

 


La chrysalide

Mutation chrysalide des nuages qui tombent au sol en éclats nimbés, j'ai croisé sur les mers du Nord vers le polaire horizon.

 

Puis mon navire s'est figé dans les espaces de quartz immaculé, sous la poussière fine et tranchante de la poudre neige.

 

Mon corps de pêcheur fut transi dans sa moelle par le vent, seul compagnon de ma marche en peine.

 

Je cherchais l'azimut céleste sans jamais pouvoir l'atteindre, au gré des matins levant les jours derrière les nuits d'encre glacée.

 

Chercheur du sens rotatif de la vie humaine j'ai noté sur mes carnets de voyage le nombre de pas qu'il avait fallu faire, en divers lieux, pour simplement arriver à se dire qu'aucune marche vraie n'atteint son but, car de fin alors il n'est jamais.

 

Quand bien même eu-je réfléchis à la nature de ce qu'est l'humanité j'en serai devenu animal moi-même, pour éructer la cruauté de l'être vertical aux confins de son animalité saine.

 

Infinitésimalité souterraine de ma conscience de bipède artiste, je n'ai qu'une prose noyée dans l'immensité sidérale des phrases en milliards composées.

 

Quel réflexe anthropoméïque aurai-je vis-à-vis de quelques semblables ? je n'y verrai jamais en fait que les dessins de ma sourde ressemblance à la caricature estampée de ma face.

 

Si telle peut être la destinée du panseur que de errer sans cesse au gré des blessures qu'il possède et soigne, alors

je ne suis qu'un errant de plus dans ce monde sans frontières.

 

Dans mon ordre symbolique pourtant il reste à se perdre, telle la solution au nœud de Borromée que Jacques ne trouva jamais, pour parvenir enfin à se trouver.

 

Le verbe donne vie à ma voix. Celle-ci chante alors les métonymies de la vie, sur l'axe des métaphores et paraboles.

 

Si l'un a dit qu'il s'en irait un jour dormir dans le Paradis blanc, je pense que ce qui restera de moi, en substance, comme de toi, s'en ira nourrir le Paradis bleu des poésies de l'atour dans ce qu'elles content de toi la plus belle image.

 

Es-tu là ? lis-tu ces mots ce soir encore ? je sens ta respiration d'ici, comme je perçois le reflet de la lumière d'un soleil qui s'endort dans la pupille de tes yeux...

 

 

Matin

Réveil, corps lourd qui entraine à garder le lit, un peu, quelques instants de plus.

 

Le voisin fait chauffer le moteur de sa voiture, comme tout le temps, c'est son habitude.

 

Puis posture debout s'en aller sous l'eau, petit-déj' avec café chaud, les enfants courent déjà sur le trottoir.

 

École qui fait sonner sa cloche, chant des oiseaux, discussions des mamans accompagnatrices.

 

Nous partons tous deux, moi me souvenant de ces moments d'enfance qui nous font grandir, lui déjà à penser que ce soir il rentrera avec ses copains pour le goûter.

 

Qu'elle est belle cette période qui n'aura jamais duré suffisamment longtemps, lorsque l'insouciance des années scolaires nous tenait protégés des aléas de nos vies d'adultes. Faut-il relire souvent le Petit Prince et les pages qui ne font rencontrer l'animal roux pour comprendre l'essence simple du partage, du fait de voir avec son coeur ?

 

Je rentre sans hâte, des dossiers m'attendent avec le café pour me rappeler à ma vie de grand, responsabilités d'un monde trop rigide, complexe, lourd, mais dans lequel je parviens à créer des fenêtres de couleurs, d'air et de sourire.

 

Un peu de poésie dans l'âme des gens sérieux peut, sans doute, aider à assouplir les partis pris qu'il faut avoir l'air sérieux, savoir garder ses distances selon que l'on parle à untel, selon qu'on est chef ou exécutant. Putain que c'est compliqué le formalisme social !

 

Allez ! Je ferai plus tard le gamin, pour aller jouer de la guitare et donner à mes amis le plaisir des bons mots, des mélodies, d'un moment simple qui nous lie sans autre but que d'être biens...

 

 

Depuis le fauteuil

Un rideau usé qui laisse entrer un peu de lumière

Une fenêtre embuée qui filtre la vie du dehors

Assise toute la journée, comment si elle était en prière

Elle ressasse ses souvenirs comme des trésors

 

Une attente presque infinie, qui égrène les minutes

Voir de temps à autre, un peu de famille

Elle résiste, se souvient de chacune de ses luttes

Grand-mère, mère, elle fut aussi une jeune fille

 

En retraite paisible, sa fin de vie s’écoule

Telle un lent ruisseau d’heures

Elle entend dehors comme des bruits de foule

Dans son fauteuil parfois elle pleure

 

Assise à attendre, dans son fauteuil

Dans cette maison, en retraite

Toutes ses pensées s’effeuillent

Son temps se replie, fait retraite

 

Elle connut un temps la jeunesse

Qu’elle ne put malgré tout retenir

Sa vie de maintenant n’est plus de liesse

Elle n’en peut plus de vieillir…

 

Souvent je pense à elle

Je ne lui rends que rarement visite

A ma parole je suis peu fidèle

Le temps pour moi aussi passe vite

 

Un jour je la rattraperai en âge

Pourtant je sais qu’elle ne sera plus

Je serai moi-même un vieux sage

Que personne n’écoutera plus

 

Attendre dans un fauteuil

Dans une maison de retraite

Où les pensées partent en feuilles

Que personne ne nous maltraite…

 


La pluie

Matin gris. Derrière la vitre, immobilité de la pensée qui regarde à travers les yeux de l'enfant le ciel du dehors.

 

Étrange ambiance de sons mats qui collent au bois de la petite cabane voisine. Qui se souvient encore de ce matin gris ?

 

Il était là, dans le froid rigide d'une chambre sourde où même le plancher ne lâchait de notes aigres. Questions en conscience, matin suivant une nuit fondue dans le creuset d'un gueulard sanglant.

 

Quelle pouvait être le signe de la vie, son écho ou bien encore son seul sens ? Difficiles questions auxquelles les gosses ne se préoccupent pas de répondre.

 

Sa mère, loin dans la cuisine, affairée au four pour le repas des maitres de maison, ne pensait pas à lui, croquant gamin gisant dans sa vêture trop grande et sans couleur.

 

On entendait venir du centre du bourg les bruits de pas lourds des bovins partant se faire vendre au marché, ne sachant eux-mêmes leur destin sans certitude, progéniteurs ou futures carcasses à pendre en arrière boutique du boucher du village.

 

Enfant métayer, fils de, à devenir pareil. Ses sabots de bois de châtaignier contenaient le nécessaire de paille pour permettre à ses pieds, plus petits en taille que le réceptacle du végétal mort, de tenir le chaud et la chausse.

 

Son père déjà parti aux affaires des champs ou de l'atelier, selon les ordres données, avait quitté l'humble pièce commune qui servait de logis.

 

Suie aux murs, épaissie par l'humidité constante de la pierre et du mortier ne semblant jamais sec, quelques traces de doigts avaient ouvert des lignes et dessiner un arbre imaginaire.

 

La pluie tombait. Ceux qui le pouvaient aller à l'étude scolaire, tandis qu'il n'avait plus l'âge ou les moyens de continuer son instruction. Déjà onze ans, il était grand... qu'importe, il fallait lui trouver un maitre d'apprentissage ou bien il resterait là, entre la verdure des prés et celle de la mousse des bois, à poursuivre l'œuvre familiale, de soumission aux riches.

 

Paysan, ouvrier, de ses mains juvéniles mais pourtant déjà si dures, il connaissait les jours de son devenir.

 

La pluie continuait son ruissellement, formant dans le chemin de terre tout proche, de minuscules rivières, torrents gigantesques pour les insectes qui n'avaient pu fuir et s'y noyaient alors.

 

Jean, onze ans, casquette de velours jaune sur les cheveux châtains, entendait les gouttes rebondir sur le verre.

 

Un jour lui aussi serait père. Il se disait que son fils ne ferait pas comme lui, qu'il irait étudier, travailler à autre chose. Il ne connaitrait pas, s'il allait vieillir trop vite ses petits enfants et encore moins les suivants.

 

Les monts tout proches se nourrissaient de l'eau du ciel pour pouvoir donner ensuite, au printemps nouveau, des genêts encore plus grands, plus beaux, plus jaunes.

 

Onze ans en fin d'un siècle qui voyait naitre la grande industrie et apparaître la source électrique.

 

La pluie finit par cesser, ce matin de mars 1895.

 

Sa mère poursuivait son travail, son père allait bientôt rentrer et l'appeler pour qu'il vienne à la menuiserie.

 

 

Jusqu'à toi

Je voulais te dire à toi, ma blonde, l'amour qui en moi ne cesse de sourdre pour secouer mon corps et mon âme... je voulais te dire, toi qui fait chanter mon cœur, que je t'aime...

 

Tu es loin de moi, tu me manques, je pense à toi chaque jour, aucune distance de temps ou d'espace ne pourra tarir la sources de mes sentiments...

 

Il est des blessures plus profondes que celles laissées par une lame dans la chair et qui, pourtant, ne se voient pas à l'œil. Il est des sentiments qui ne se dévoilent dans aucun acte et qui ne réclament que l'intensité de leur existence puissante.

 

Il est en moi la peine de la perte d'une partie de ce que je fus et de ce que j'eus un jour...

 

Mais il git en moi la flamme née d'une braise volcanique, animée par une source souterraine venue de si profond en mon être qu'elle n'a pas de fond et de limite précise. Il est en moi le feu du volcan amoureux d'un homme passionné.

 

Il reste en moi, en secret, la puissante lave rougie des tréfonds de la Terre nourricière.

 

Je suis magma écarlate, démon sentimental qui nourrie le fer des cordes de guitare de vibrations sentimentales.

 

Je suis à toi, ensorceleuse terrestre, qui a animé en ma chair le feu vivant.

 

Tu es en moi, magicienne à la chevelure d'or, qui ouvre de tes yeux la poésie de mon sang nourri de ton air !

 

Je ferai sonner longtemps encore les tables vibrantes de mes amis d'épicéa, guitare de l'ouest qui donnent à mes mots l'habit mélodique qui leur sied à merveille.

 

Tu entendras longtemps résonner l'écho de mes maux sur camaïeu de bleu azur et sombre. Nous irons vivre au bord des rivières du Nord la plus simple friandise de notre amour...

 

La neige se verra fondre au soleil revenu au printemps et tu seras la fleur merveilleuse qui donnera à la nature l'éveil attendu... La vie revient, l'ombre s'éloigne...

 

Ô femme qui apaise la peine du fils, de l'homme, de l'enfant, entend ma voix, lis les mots que j'écris à l'encre de mon sang.

 

Toi qui donne la vie, reçois de moi le baiser tendre qui puisse apaiser ton attente.

 

Je suis là... tout las aussi d'avoir tant marché, mais enfin d'être là...

 

Que tu soies au sommet de la montagne la plus haute et je volerai jusqu'à toi.

 

Que tu nages au fond des abysses océanes et je fondrai au cœur des sillons marins jusqu'à toi.

 

Que tu ailles te perdre dans le plus immense des déserts, les étoiles me guideront jusqu'à toi... tu resteras ce que tu as toujours été : femme et merveille !

 

 

La fin du jour

Moment où s'efface le jour, elle glisse doucement vers moi

Je sens sa main se glisser dans la mienne, son sang réchauffer le mien

Nos corps se détendent, à distance pourtant d'un même toit

Et dans un songe nous parviendrons jusqu'au matin

 

 

S'il est permis à l'homme de s'évader des lieux où sont retenus ses pas

Il peut sous la lune amie qui veille sur les amants distants

Vivre une vie fantastique qui permet alors les ébats

Et refaire le monde en clé de sol chantant

 

 

Je partirai cette nuit de ce monde étrange qui m'entoure

Il ne me laisse jamais autrement, de mes désirs, captif

J'irai contre l'horloge remonter le temps à rebours

Et me heurter dans les mers hantées à tous les récifs

 

 

Peu m'importe les tempêtes à affronter

Si je sais d'elle que l'amour me vient

Ma trace se fera même dans l'obscurité

Et mon élan restera dans l'entrain

 

 

Mon amour, je ne cesse de rêver de toi chaque nuit

Si certains pouvaient juger de mon attachement

Je leur dirai que c'est bien cela qui me grandit

Alors même qu'en moi je laisse parler l'enfant

 

 

C'est si simple de garder les yeux ouverts sur la vie

Que d'être grands ne signifie pas devoir se farder

Nous avons à partager autre chose que l'ennui

Pour nous enrichir de tout en simple réciprocité

 

 

Entends moi ! Ecoute... ma voix qui traverse les méandres du temps

Ne laisse pas mes mots se perdre dans le non sens

Alors qu'ils peuvent s'unir et nous donner un bel enfant

Ne laisse pas ma voix refléter trop la souffrance

 

 

J'irai pour toi demain planter dans un jardin

Ce qui deviendra un arbre et donnera un abri pour demain

J'irai pour toi chercher l'eau à la source

Et chaque soir, tu t'endormiras bercée de mon amour

 

 

4 décennies

Qu'auront-ils en héritage, quand un jour ils partiront ?

Après quatre décennies de labeur et de sueur

Les ouvriers qui font leur œuvre aux services des patrons

Chaque jour présent au travail à la même heure

 

 

L'usure de leurs corps et jusqu'au cals de leurs mains

Déniés par la politique arbitraire de la monnaie

Ils regarderont leurs stigmates en se levant le matin

Se souvenant des mois sur machines affairés

 

 

Ô ciel qui nous donne le temps et les jours

S'il pouvait nous protéger de la crise

Ô ciel auquel certains vouent leur amour

S'il était habité l'homme n'aurait plus de hantise

 

 

Je les ai vus, partir, semaines et mois sur les routes

A garantir à leurs enfants l'avenir meilleur possible

Je les ai entendus, dans les ateliers jusqu'au repos de l'août

Contrôler le souffle de l'effort sans jamais être irascible

 

 

Prolétaires qui gagnent le pain à la moiteur de la paume

Ils sont de nos pères héritiers méritants

A ne compter aucun effort pour des sommes

Qui gonflent les poches des cols blancs

 

 

 

Putain de merde, je rage, je jure

Comme mon père qui lâchait ses mots de colère

Qu'un ciel même m'empêche l'injure

Je ne croirai jamais en aucune prière

 

 

Jusqu'à moi

Elle parvient jusqu'à moi, ta voix.

 

Dans le flot continu des vagues incertaines soufflées des écrans lumineux. Je sens sa chaleur qui vient entourer mon corps et le bercer dans ces fins de soirs qui me font glisser vers l'antre du sommeil.

 

J'aime à me laisser entendre conter la vie des enfants et celles des gens.

 

J'accueille ce que tu me donnes.

 

Il est tard et les enfants dorment. Nous, grands, au regret de l'enfance perdue sommes encore à planter dans leurs cœurs les germes d'espoir de la vie.

 

Il est tard, ce soir je t'envoie par mon clavier ce qui jaillit du volcan de mon être... il est tard, le glisse vers l'antre de la nuit, songes en étreinte d'où se forment les nuées d'images indécises...

 

Les échantillons d'étoiles que tu graves dans mon ciel sont les plus beau saphirs qui puissent exister.

 

Je ne pourrai jamais t'offrir d'autre anneau pour ta main qui soit si brillant et plein de feu... car tes yeux sont un univers de reflet dans lequel une galaxie de désirs prend place.

 

Qui es-tu toi ? femme mystère qui contient la force saisie à l'affront de la peine, du rejet et du feu sacré des ancêtres sacrifiés... où vas-tu toi ? sur cette route bleu nuit d'asphalte qui augure de ta course...

 

Dans cette immensité sidérale qui nettoie les âmes fatiguées je reçois de toi la prose magique qui envoute mes mots.

 

Muse de mes nuits dont je rêve en secret tu restes l'inspiratrice de mes plus beaux poèmes.

 

A quand bien même nous ne pouvons faire naitre de nous que musique et poésie, les portées en clé de Sol feront accueil à nos chansons.

 

Et je te vois, dans l'obscurité qui fait page noire. Ta silhouette imprécise se forme tel une flamme vive.

 

De l'incendie de mon corps embrasé je perçois l'énergie folle qui anime ma main.

 

Point besoin n'est de chercher inspiration, puisque tu es là pour me la donner...

 

Juste avant

Je sens l'étreinte des draps attirer mon corps empli de lassitude.

 

Lourd du poids des minutes, des éclats de mots suintants dans l'espace de ma journée, je m'en vais poser ma joue sur l'oreiller.

 

Plumes sous le coton blanc, qui sauront bercer ma vie diurne je pense déjà à l'itinéraire à parcourir dans l'incertitude des songes.

 

Ma main glisse encore sur les touches du claviers, cherchant la tienne de l'autre côté de l'écran.

 

Es-tu là, encore proche de moi, dans le scintillement et le contraste des points lumineux ?

 

Es-tu là ? J'ai comme l'impression de sentir ce soir ton souffle tiède parcourir les traits de mon visage... Es-tu là ? Cachée dans la pénombre de mes yeux qui se ferment...

 

Lis-tu ma voix posée en écriture qui fait résonner le son des battements de mon cœur ?

 

Couverture de molleton de la couleur de ma sorcière enchantée, blonde magique qui coure dans le ciel des soirs léthargiques comme maintenant, je fonds en suave délice dans le fond horizontal du matelas habillé d'un drap de soie..

 

Femme céleste qui œuvre dans le feux vivant pour éteindre les souffrances brulantes des gens... je t'aime... je t'...

 

Je... ne suis plus capable de résister à l'appel.

 

Je te laisse t'endormir, tu dois être fatiguée.

 

Je me laisse m'endormir, je suis enivré de toi, ému aux larmes, de ce manque de te toucher... Je...

 

Juste avant, un peu, encore, juste avant de basculer dans le rêve, juste avant, te dire...

 

 

Le chant des lavandières

Le chant des lavandières s'est éteint

Dans les lavomatiques ça n'est que va et vient

Fini les petits marchés de village

T'as plus qu'un centre commercial

 

 

T'étonnes pas après, qu'on perde le sens de l'histoire

Quand on n'a plus d'intérêt, pour les échanges vraies

Viens pas me demander ce qu'il faut croire

Quand les valeurs essentielles on a oublié

 

Aimer les gosses, aimer la vie, donner

Te faire aimer, t'émerveiller

 

Fais d'un rien un instant de gaieté

Tu recevras en retour l'amitié...

 

 

Le sifflet de l'artisan qui montait ton mur

Tu l'entendais comme tu voyais ta maison grandir

Maintenant c'est du kit sur mesure

Que ton constructeur sait te garantir

 

 

T'écoute tout sur MP3 en kit mains-libres

T'oublie que l'art est l'essence de l'homme

Tu deviens prisonnier de ce qui est artifice

Et tu demandes sans cesse qu'on te donne

 

Aimer les gosses, aimer la vie, donner

Te faire aimer, t'émerveiller

 

Fais d'un rien un instant de gaieté

Tu recevras en retour l'amitié...

 

 

 

Alors lève la tête, t'es pas au dessus de tout

Regarde en l'air les gamins sont plus grands que toi

Tout simples qu'ils sont à s'émerveiller de tout

Alors que toi, t'as perdu le sens de l'émoi

 

Le chant des lavandières s'est éteint

Pourtant, comme hier je m'en souviens

 

 

Rêve en La mineur

Entre deux rives, d'une traversée de nuit, je vais solitaire au gré des flots souvent tumultueux d'un sommeil dont je ne dessine jamais la trame.

 

C'est ainsi qu'il vint à l'improviste, le rêveur d'espoir, assis sur le rebord du monde depuis... tant de siècles, dans l'attente et l'espérance de voir un jour le mot haine banni des onces de sentiments humains.

 

Que devait-il penser de moi, pauvre hère que j'étais, à ne faire que lutter contre la gravité terrestre qui rendait mon corps difficile à mouvoir ainsi que contre la gravité des actes commis par des générations entières de sujets habités par la convoitise.

 

Indigne représentant de l'espèce la plus habile à l'usage de l'outil comme à la création de symboles.

 

Je me suis mu dans les espaces sociaux au sein desquels je trouvais place possible mais, qu'ils soient associatifs, politiques, spirituels ou scientifiques encore, ils n'en étaient pas moins obligés de convenir aux manifestations égoïstes de leurs animateurs.

 

Dans mon rêve, il m'a parlé, ma raconté l'histoire des cycles, me disant ce que pouvait être, en définitive, l'avenir de l'homme : rien ! Oui, rien, si ce n'est un grain de poussière infime à l'échelle d'une méta-histoire au sein de laquelle les espèces vivantes ne font que naitre et puis mourir. Aurai-je été saurien que je n'en aurai su davantage sur le mystère d'une humanité qui n'a pas la conscience claire...

 

Je me suis identifié à mon interlocuteur tant et si bien qu'il est entré en moi, a pris possession de mon être incarné, aussi bien la nuit que le jour.

 

L'enfant qui riait et qui s'était éteint en moi au fil des années put enfin refaire surface... sensible, vrai, plus juste aussi avec lui-même.

 

Non devin de ce qui peut advenir dans l'avenir restreint de la minute qui suit, je me fais créateur du possible, de l'espace du désir réalisé, de l'acceptation pleine de l'inconscient humain et de ses mystères.

 

Le verbe guide ma pensée comme l'homme de Foi fait référence aux versets de son livre de prières.

 

Verbe qui est chair et âme. Verbe confus parfois et verbe aussi dont l'incroyable force me réveille quand il s'énonce en moi et s'inscrit sur le papier ou dans la brillance d'un écran.

 

Je suis devenu rêveur d'espoir, poète de ma propre vie, à défaut d'avoir celle que j'aurai souhaité. Mais je mesure l'incroyable bonheur qui est le miens, tant je connais de gens dans la peine, la galère, la maladie, le handicap...

 

Je ne suis prêcheur de rien si ce n'est de la tolérance, de la compréhension, du possible de l'empathie pour la différence.

 

Les songes font s'incarner cet autre monde, cette autre réalité. On pourrait se croire confronter à l'impossible alors qu'en réalité il reste le possible du rêve... et tant qu'il est là, je reste, nous restons, sujets de notre désir de vie, de nos décisions, acteurs de desseins qu'il nous suffit de vraiment vouloir pour en réaliser, au moins, l'esquisse... ne nous reposons pas sur la facilité, la plainte, l'aide de l'autre. Celui qui a la chance d'être debout sur ses pieds a à se dire qu'il est chanceux dans ce monde ; tant d'enfants, de femmes, de vieillards sont en détresse qu'il faut savoir bien considérer la plainte quand elle est émise.

 

Le rêveur d'espoir m'a dit de continuer à rêver, à chanter, à écrire ce que je voyais, ce que je ressentais.

Son visage m'échappait dans la pénombre venue de la fin des songes. La nuit se terminait et le jour allait advenir.

 

L'aube faisait déjà chanter les couleurs de la nature, me laissant ensuite découvrir, au réveil, au travers du rideau flottant, la beauté simple de l'instant... L'instant où l'air arrive, que je m'en saisis, qu'il me nourrit et permet en moi la vie. L'instant où bat mon cœur et que mon sang circule, rouge écarlate de l'oxygène bue. L'instant où mes yeux se remplissent des moindres choses distinguées, de ce qui fait la beauté ou le laide. L'instant où j'entends un glissement de feuille sous un arbre, un bruissement, un clapotis, un grincement...

 

Beauté simple de l'instant où on rencontre pour la première fois son enfant à la naissance. Instant où on sent qu'on bascule vers le sentiment amoureux. Instant de l'orgasme. Instants de tout dans nos vies qu'il nous faut réapprendre à partager, échanger, donner...

 

Le rêveur d'espoir m'a dit, avant de disparaitre, de partager, simplement cela... avec toi qui auras lu ces lignes...

 

Merci de ton échange à m'avoir lu, toi que je ne connais pas, que je devine, que j'espère. Toi qui vit de l'autre côté de mon clavier, lectrice ou lecteur d'un poète solitaire qui ne cherche le bonheur que dans l'échange entre humains...

 

 

Elle a tout quitté

Elle a tout quitté, Naly,

Laissé derrière elle une famille, un pays

Elle est partie loin pour fuir les mains armées

Ne sachant ce qu'elle allait trouver

 

 

De l'Asie elle a gardé la mémoire des soirs

Quand avec les siens elle regardait le ciel rouge

Ils avaient tant envie d'y croire

En regardant les nuages au ciel qui bougent

 

 

Elle a essuyé l'intolérance, la bêtise, le racisme

De tous ces gens du pays des Droits de l'Homme

Courbant le dos pour ses enfants et restant digne

Auxquels elle chante le soir jusqu'à ce qu'ils dorment

 

 

J'entends dans mon pays l'injustice et l'intolérance

Les graines du fascisme latent qui tentent de fleurir

Je ressens la honte tout en gardant l'espérance

Me disant qu'un jour ma société va guérir

 

 

Alors je pose sur ma guitare l'espoir et la peine

Pour que naisse l'envie de la paix entre les gens

Et je chante les mots qui refusent la haine

Pour mes enfants je veux léguer l'alliance

 

 

La force du vent

La force d'un vent, venu des terres du sud, a secoué les atomes de mon être,

 

Des plus infimes, des particules, entier, de ce que je suis.

Ondulation, des souffles vifs, j'ai senti la lame d'air

Poussant feuilles, les branches tombées, le vent puissant m'avait transi

 

Ode naturelle qui fait ses sons d'un moindre brin d'herbe ou de terre volée,

 

Pour faire chanter la mélopée, des parcelles asséchées d'humanité.

Il ne semblait plus y avoir d'âmes en vie ce soir là, au bord du Monde

Qui vacille tant qu'il me nourrit d'un vertige incessant d'outre tombe.

 

Luttant, luttant, luttant contre l'élément

Luttant, luttant, luttant contre la fatalité

 

Je me suis encordé à un roc de granit pour résister à la tornade furieuse

Qui risquait de m'emporter, frêle humain que je suis

Je narrais en moi, pour conjurer, des poèmes aux vers rageurs

Fragilité humaine, si immense, résister, je n'avais plus l'envie

 

Alors qu'il aurait pu, m'arracher à mon socle, le vent me laissa libre de poursuivre ma vie,

Soudain disparu, il ne laissa que des silences non habillés.

Puis, après le vent, le ciel donna toute son eau dans la nuit

Froide, en gouttes minces, sur mon dos fatigué, je restais accroupi

 

La vie, la vie, ma vie que je sentais partir

Fatigué, fatigué, fatigué de résister

 

Je sentais mes pieds, s'enraciner, dans la terre, de mes ancêtres

Mon habit de chair, alourdi, ne pouvait plus, se mouvoir.

L'homme fragile, solitaire, éprouvait ce que c'est que d'être

Un sourire, dessiné, trahissait, la sensation d'enfin savoir

 

Un mouvement imprévu de l'intérieur secoua ma poitrine

La nature qui s'était engouffré ressortait dans l'éclat d'un rire puissant

Vif, ininterrompu, en cascade, j'étais en vie

Ma gorge lâcha, un rire, des pleurs puis un cri

 

Naissant, naissant, naissant à moi-même

Pleurant, criant, hurlant la vie

 

Sous un arbre, frêle ami de bois, j'avais trouvé l'abri.

Ma main traça, dans le sol de poussière, quelques mots, quelques traces

 

La trace, ma trace, la trace de l'homme

Naitre, vivre, mourir en homme

 

 

Advenue

Un riffeur venu de l'enfer a fait surgir de sa SG la mélopée démoniaque posée sur le texte ensorcelant d'un poète écorché

 

Les murs sourds se sont réveillés de leur torpeur verticale pour éponger les sonorités acides des cymbales cinglantes au cuivre étincelant

 

Tandis qu'une basse aux graves saisissant attirait le plafond vers le sol, du seul fait du poids de ses notes épaisses aux harmoniques figeant en statue les gens présents

 

Au nombre de 5 les aigles bleus ont fait sonner le Sun Cadillac Studio sous l'éclat des lumières célestes

 

On entend encore, loin dans la campagne, la psalmodie finale aux accents blues

 

Et courir dans les terres arides les enfants aux cheveux rouges, sous le charme d'une fleur sauvage

 

Brikéval a une muse secrète qui lui souffle les mots depuis sa planète feule

 

Elle a les yeux clairs, les cheveux couleur d'or, chante aux anges d'une voix qui fait trembler les arbres des montagnes...

 

Féline, ses griffes ne sortent qu'à la tombée de la nuit, lacérant l'ombre blanche sous la lune métallique

 

Pour que jaillissent des plaies la sève écarlate au parfum de safran

 

Poudre brûlante qui aromatise les goûts en bouche... des baisers engourdissant qui saturent tous les coeurs

 

Oscillant entre courant alternatif et courant continu les notes acérées feront résonner longtemps les pleurs sourds des errants partie en tourmente... le Rock français prépare son retour, au désir noir, par téléphone même on sent monter la force des mots soutenus par un quatuor fantastique

 

D'aucun font semblant de s'émouvoir de jeunes post-pubères tout juste sortis des couches des lycées, alors même que s'abreuvent les 6 cordes des guitares aux témoignages de la vie vécue, sans faux-semblants, telle une main fermée ils feront unité d'un poing serré à la peine des jours de fatigue...

 

Nous serons maïeuticiens des peines et des joies, aux accents des jeux des guitares, au rythme des cadences battues et chantées en grave

 

Nous irons offrir la rencontre unique, de ce qu'il y a de magique dans l'instant né d'un battement d'ailes, de baguettes sur des toms, d'un muscle cardiaque dans un corps en vie !

 

A l'encre des jours et des nuits nous puiserons les mots qui donneront aux notes la ligne directrice pour que vive encore la musique

 

Dormiront près de nos scènes les enfants fatigués venus avec leurs mères

 

Et sur l'autre scène, psyché endormie, ils rêveront des notes en clé de Sol et Fa

 

Courant alternatif et courant continu, au désir noir de ce qui se dit dans le téléphone, on fera sonner le blues des amants des mots inconscients

 

 

Les chemins qui mènent les Roms

Ils sont là, derrière ma porte, ou pas loin de chez moi

Blottis dans ces logis précaires qui sont leur seul toit

Caravanes rapiécées et la peine pour porte-bonheur

Venus de l'Est avec l'espoir d'une vie meilleure

 

 

J'entends leurs chants, des enfants qui rient

La conteuse joue pour les anciens de sa guitare

Ils oublient l'esclavage d'une misère de vie

Pour profiter de chaque bel instant sans retard

 

 

Mes amis Roms sont venus par centaines à ma capitale

Habitants d'une Europe unie qu'ils pensaient capable

De leur permettre une vraie liberté d'aller et venir

Mais qui les a contraints à devoir supporter le pire

 

 

J'ai les mains serrés et les yeux fermés par la honte

Je n'ose plus écouter la radio, regarder les infos sur l'écran

Ma patrie ne sait plus faire autre chose que des affronts

A son histoire elle n'ajoute que des actes répugnants

 

Sache ma France que les gens espèrent de toi

Autre chose qu'un rejet, de se trouver hors la Loi

Sache ma patrie que de l'Est, d'Afrique ou d'ailleurs

On vient à toi parce qu'on se dit que ta terre est meilleure

 

On garde de toi l'image d'un espace de tous les possibles

Mais tu fais pleurer les mères qui aiment paisibles

Nos visiteurs qui pensaient que tu saurais les aider

Tu n'as su en définitive que les rejeter

 

Les chemins qui mènent les Roms jusqu'à toi

Sont ceux de l'espoir, d'une vie à laquelle ils ont droit

Ces chemins qui mènent les Roms jusqu'à nous

Sont ceux des espoirs, pour cesser de porter la croix

 

 

La fille de la nuit

Il est des instants dans la vie où parfois surgit la magie... une voix, une présence, un regard. Senteur qui revient à ma mémoire, je me souviens de l'instant de la rencontre, puis de l'éclat de son regard.

 

Ses yeux donnaient au soir la lumière qu'ils avaient gardée de la journée et rendaient alors la nuit aussi claire que sous la lune pleine.

 

Je me plais à glisser vers cet univers fantastiques où les choses et les mots se déforment. Ma pensée de métaphores aime se nourrir de formules magiques qui ouvrent pour moi un étrange monde où je revois ceux qui m'ont quitté.

 

C'est au moment de l'aurore que vient son baiser sur ma bouche, alors même que le dors encore.

 

Quand bien même elle n'est pas là dans cet espace du réel où le physique est très secondaire, je la perçois par chacun de mes sens, comme un phénomène hallucinatoire. Est-elle si loin de moi ? je crois que non... et les sentiments qu'elle a fait naitre font rougir mon sang d'une nouvelle oxygène. Je crois que je...

 

Une forêt abritant des animaux mystérieux a tenté de dresser entre elle et moi un mur de silence, voulant sans doute que je ne parvienne plus à entendre sa voix. Mais, ni la nature, ni ses éléments n'ont réussi alors à ralentir ma marche pour trouver l'espace où je pouvais la ré-entendre chanter.

 

Elle est là, les yeux brillants, ses cheveux couleur d'or... dans ce qui s'appelle ma vie. Amis de mes jours, amies de mes nuits, restez réceptifs à ce que la vie peut nous donner quand elle offre la surprise.

 

Bien pauvre et malheureux celui qui s'enferme dans toutes certitudes et postures rigides, sans plus pouvoir éprouver le plaisir de la rencontre.

 

 

L'ombre bleue

Un soir, je me suis éveillé dans un monde étrange, un soir je m'endormirai à destination du meilleur des mondes.

J'oublierai les affres qui n'ont su nourrir mon existence que de nuisances pour aller marcher, en pèlerin des poèmes perdus, sur les vers de rimes d'un ailleurs qu'on ne peut rencontrer dans le réel.

Laisse-moi ! ne retiens pas ce qui ne peut que s'effondrer, fondre comme mille briques d'un mur qui ne parvient plus à tenir debout !
Laisse donc les éléments de la nature procéder à leur œuvre, aidés par le temps.

Les orages ont eu raison de moi, par cette eau claire et vive qui s'est infiltrée chaque fois entre mes pores. Mon corps a gonflé de douleur comme mon âme éthérée. Comme tout sujet vivant qui se trouve contraint d'engloutir ce qu'on lui présente en force, j'aurai absorbé le joug d'un environnement primaire cannibale.

J'ai tant attendu du ciel qu'il me donne un jour un oracle qui puisse donner du sens à la vie des hommes. Je n'aurai pu que constater effaré, malgré toutes promesses, qu'il n'était que vide.

Ce qui m'avait rempli n'était que tromperies, mensonges, faux-semblants d'un univers de fiction dont les acteurs principaux, chefs et tribuns, n'auront jamais été, dans l'histoire du genre humain, que véhicules de destructivité symbolique.

Alors, pas plus qu'un invertébré, un animal vivant sur terre ou sous eaux, j'ai pesé le poids de la valeur humaine... interrogé sur le sens de la chance donnée à cette espèce vivante à dominer une planète qu'elle ne respecte pas, un environnement qu'elle détruit, et à ne savoir que cultive haine, convoitise et destruction.

J'irai m'endormir dans les prés verts laissés en friche aux endroits qui ne recèlent en sol aucune richesse aurifère, qu'elle soit jaune ou noire, et n'intéressent personne. Mon être se fondra dans la terre, pour aider à la prise de racines nouvelles, d'arbres dont la sève reste vive et fragile.

Je ressens encore un peu, juste un peu, de plus en plus faiblement, ce que les battements de mon cœur font frémir dans mes veines... mon air se fait rare, je suffoque, dans l'asphyxie totale d'un panorama glischroïde...

Un temps polaire sidère ma pensée, figeant tout de moi dans l'esquisse d'une image de statue qui n'a d'humain que la peau...

Puis... de l'air... de la lumière... un demain qui viendra, avant un autre, puis un autre et un autre encore... les hommes continueront à déambuler, dans cette danse en avant qui fait alterner équilibre et déséquilibre en permanence pour créer le mouvement. Ce n'est pourtant pas parce qu'il sait marcher, que l'homme sait aller de l'avant !

Et je lâche ma prose infinitésimale dans les méandres de limbes qui nous entrainent au bord des cratères orgiaques d'un monde futile...

 


Nuit d'encre

Nuit d'encre qui s'accroche à mon corps perdu dans les limbes infectées du venin des démons. Jet d'ancre qui fait croche au rythme des saccades jetées par les reins de la sorcière aux yeux rouges. J'ai crevé l'abcès du rêve sourd qui retenait en moi la voix suintante des esclaves aux cœurs mutilés.

 

Je t'adresse en éclaté les nuances d'un dégradé aveugle de noir et de blanc qui grise ma chair en un teint albâtre vieilli. Tu as fait de moi une marionnette morcelée dans l'âme et le corps, sans plus pouvoir rire ni chanter. Il te reste juste à achever ton œuvre et me pousser au fond de ce trou que tu as creusé devant moi pour m'y engloutir.

 

Et d'entendre ton rire pervers sortant de ta bouche tordue qui jette des sorts comme un paysan jetterait ses graines en terre ! Lâche donc tes proies qui ne sont plus si vivantes que par l'once de l'air qui peut encore s'y glisser, entre alvéoles et gorge ouvertes aux tentatives de survie... tu es misère et peine ! faucheuse qui scinde en parts égales les égards amoureux...

 

Sous l'angle de ta face tu parais douce et tendre mais le verso caché de ta cruauté incarnée en femme satanique ne fait que cannibaliser la moindre des tendres attentions. Je sais pourtant que les souffles terrestres irradiés sauront un jour brûler tes os, au vent jetés, comme mis en sépulture sioux, tu finiras sur le bûcher de tes intentions noires.

 

Et viendra au soir de l'humanité déclinante celui qui portera le glaive de foudre et de lave. Aucun point culminant ne pourra proposer refuge au déferlement des chiens lâchés. La rage entre leurs dents au éclat de bakélite se rependra depuis les ronces jusqu'aux algues. La nuit sans étoile fera alors mourir le monde, dans l'expression d'un râle sans humanité.

 

Hanté des revenants des siècles écoulés, les terres de souffre n'auront plus qu'à se laisser contempler à la désolation irradiée des atomiques résidus. Ils seront loin les espoirs des hommes de bien, enfouis en souches fossiles dans un granit résiduel du passé qui ne put créer de bel avenir...



Clair de Terre

 

Le clair de Terre, depuis l'astre satellite, donne à l'univers les reflets bleus d'une musique blues qui résonne aux confins du cosmos. Prince des poètes égarés j'inaugure chaque jour une nouvelle page teinté de kaolin, sans pour autant qu'elle ne devienne contenant autrement de mes mots fleuves qui s'étalent en un fleuve de peine.

 

Pain noir de misère, l'homme qui nait ailleurs qu'en un monde libre, court à l'espoir d'arriver au bout d'un chemin qu'il aurait préféré meilleur. Et les femmes-mères espèrent encore pour leurs petits naissants que se lève demain le jour qui ne tiendra pas leur désir et leur corps dans des cercles de fer aimantés qui les tiennent prisonnières.

 

Le blé doré qui fleurit dans les champs de l'ouest donnera peut-être la mie blanche aux enfants comme aux vieillards. Nous irons rebâtir en bois nos demeures pour nous y blottir à nouveau dans la quiétude retrouvée, dépourvue des fards inutiles dont nous avons trop grimé nos peaux.

 

Et retrouver dans l'eau vive l'essence même du courant de la vie qui ne se soucie d'aucun rocher pour s'y figer devant en stérile immobilité. Pour redonner à nos sens le mouvement perdu qu'ils avaient avant. Enfin savoir chanter vraie la nature dans ce qu'elle n'a besoin d'aucun artifice chimique pour se survivre à elle-même.


Je suis conteur contemplatif du soleil et de l'astre de nuit. Dans la pâle lumière où se jouent les ombres je cache ma silhouette furtive d'homme frêle. J'aime à sentir sur moi couler les larmes du ciel, tandis qu'ensuite viendra la chaleur pour sécher ma vêture. Je peux vivre couvert ou nu, qu'importe ! je ne suis que grain de sable dans l'immensité.

 

 

L'écho du souffle

 

Entends-tu l'écho de ton souffle dans ta poitrine lorsque tu le retiens avant de l'expirer ? prends ses sons aux ondes incertaines qui jamais ne reviennent pareilles et fais-en une musique de toi, de ton corps et de ton cœur.

 

Tu pourras trouver ton double en ce monde qui s'ajustera à ce que tu lui offriras de place.

 

Il n'est d'union vraie, peut-être, que celle qui vient à créer l'ultime communion des enlacés dans une étreinte rare et intense.

 

Et vient à surgir, dans la surprise inattendue, le cri jouissant qui s'épanche en un "je t'aime" explosif.

 

Les amants sincères n'ont rien à attendre d'autres que de se donner à la vie.

 

Qu'il soit d'un sort issu ou d'un autre mystère incompris, le sentiment d'amour éprouvé ne peut être contrôlé par aucune raison ou commande.

 

Pas plus que les rêves ne peuvent être décidé, nous ne pourrons jamais nous raisonner à ne plus aimer, ou à l'inverse, ce qui fait l'heureux truisme de l'amoureux qui ne peut que se laisser aller au sentiment simplement constaté.

 

 

La chaleur amniotique

 

L'incommensurable de ce qu'est le ciel donne à mes songes l'illimité du possible.

 

Je me plais à glisser dans cet univers fantasmatique dont mon propre inconscient n'est pas maitre.

 

Autre monde qui me permet de laisser encore en vie ceux qui pourtant sont partis de ma réalité.

 

Dans le miroir s'estompe mon image, je m'efface des yeux qui m'ont regardé autrefois avec tant d'amour.

 

Ce qui reste de souvenirs des étreintes passées s'est attaché aux rides de ma peau, marquée des années passées loin d'elle.

 

Alors le soir, quand mon visage se pose sur l'oreiller, je laisse couler mes larmes sur le drap de coton blanc.

 

Je rêve encore chaque nuit de cet été passé main dans la main, lorsque l'océan nous accueillait de sa brise salée.

 

Je trouve encore à rêver, des nuits égarées, du parfum de son cou que je parcourais de ma bouche amoureuse.

 

Chaque réveil est douleur, comme un accouchement imprévu qui aurait mis hors de la matrice, trop tôt, le tout petit.

 

L'air m'étouffe, je manque de la chaleur amniotique que l'errance onirique me donne.

 

Je crie la brûlure qui agresse mes yeux de nouveau-né, ne comprenant pas en quel endroit le quêteur de sens que je suis vient d'avenir.

 

Alors qu'il n'y a que peu de différences entre ces lieux, qu'ils soient réels ou fantasmatiques, produits concrets ou bien immatériels objets.

 

Nous sommes finalement peu au commande de la vie qui nous a été donnée, lui laissant à elle le pouvoir de décision, juste pouvons-nous négocier contre l'aléa.


Le rideau de mes paupières s'est levé pour entrouvrir sur le monde les fenêtres que sont mes yeux verts menthe. La lumière a fait se dessiner sur ta bouche un sourire, esquisse d'un halo physique sur ton visage qui imprime en moi le plaisir de la vie.

 

Le bleu océan de la nappe céleste nous couvre de reflets doux, allons promener en forêt et sentir vivre la Terre !

 

 

Les flammes de l'étreinte

 

Le tatouage qu'elle a laissé dans mon cou, marque de sa bouche rougie aux flammes de l'étreinte, est cicatrice de l'onde qui secoua mon être.

 

Femme aux cheveux d'or qui jette dans la nuit la clarté métallique des reflets de la lune.

 

Il n'est de hyène que celle qui se repait des repas non achevés.

 

Quand bien même elle fut lionne de mon asile de l'ouest elle reste encore la prêtresse des abimes de mon désir.

 

Prêtresse des ombres sans lumière, qui n'ont de contour que le trait pâle et flou des fantômes de nimbe.

 

Aucun arbre ne saurait être assez grand pour la couvrir d'ombre devant l'astre du jour, aucun torrent ne saurait l'emporter plus qu'il ne peut du roc ensablé.

 

J'ai croisé le vieux sage à l'orée du bois sauvage, qui portait sur son dos un sac rempli des trésors de l'existence.

 

Il m'a donné en un sourire la direction qu'il fallait suivre, par vent d'est croiser en navigateur incertain.

 

J'ai tendu la voile aux forces de l'air mouvant pour laisser glisser ma frêle barque sur la vague de l'amertume.

 

 

T'aimer... tout court, et simplement

 

Cœur noir, résonnant à l'unisson du mot espoir, tu laisses dans la source de ma voix le plaisant moment de te dire mon amour. De la limpidité de ton regard clair je bois encore la fraicheur de l'instant de sentir l'étoffe des jours à venir.

 

Chaque minute fait un jour et chaque jour un siècle.

 

Si j'étais volatile de nuit, suspendu par les crochets de mes ailes de peau sombre aux poutres des maisons anciennes, je pourrai conter avec des racines venues du font des décennies fantastiques.

 

Je ne suis que marcheur, debout et parfois chancelant quand tu ne me donne pas à entendre ta voix, ton cœur ou à sentir ton air.

 

Te savoir là, par la toile des écrans tissée nous, me ravit à l'instant de lire tes mots, tes phrases et à les entendre raisonner d'accents. Encore une fois j'ai senti la possibilité de l'unicité.

 

Il nait de nos mots mêlés la substance essentielle qui peut donner l'amour aux enfants nôtres ou qui le deviendront par l'attache des liens forts.

 

Et si l'envie de se sentir l'un dans les bras de l'autre peut venir grande c'est qu'elle répond à l'écho du cœur qui cherche la fréquence à laquelle il peut s'accorder.

 

Repose-toi... quand tu liras ces lignes, peut-être au matin, je serai moins loin de toi qu'il n'en faut à la pensée pour affirmer l'amour.

 

Je serai clé de Sol et toi clé de Fa... sur une portée de notes qui parsèment la vie de nos musiques j'irai ajouter les vers qui dessinent l'envie, la tendresse, le manque et la volonté de créer l'avenir.

 

Juste, comme le pianiste se sert de ses deux mains pour jouer la mélodie, nous garderons les nôtres assemblées pour l'avenir à construire.

 

Et si tu sens de ton ventre sourdre une force qui te pousse encore à l'avant des "je t'aime", c'est que tu es mère du désir le plus intense et le plus pur.

 

Alors, allonge-toi, près de moi, doucement, calmement... je te donnerai la douceur tiède et miel qui te rassurera. Tu t'endormiras, apaisée, dans ce mélange étrange d'obscurité et de lumière accrochée encore à ta fenêtre...

 

Lâche de ton corps la tension retenue, qu'elle soit larmes ou joie, en lui laissant donner place à l'infans encore en toi.

 

Sans plus avoir un mot juste à dire, que les sons simples et purs d'une voix encore nouvelle. Je te donnerai le premier bain comme au jour de ta naissance, pour que ton corps soit oint d'un parfum de jouvence qui s'appelle tendresse.

 

Je dois m'éclipser maintenant. Sortir du logis de ton être pour que tu puisses trouver la détente.

 

Mais, même en cette absence de moi irréelle tu garderas la marque indélébile, sous ta peau, de ces traits gravés en mots simples, donnés par le biais de l'écrit, ici, qui se seront entendus au centre même de ton oreille...

 

Cœur noir, que je t'ai donné, tu m'as donné pour le miens le cyan aux nuances changeantes, pour que vive ma prose, dansent mes mots, chantent mes esquisses poétiques et te dire encore, encore, encore... te le redire, oui, encore... tout doucement, tout court, tu sais... Je t'aime...

 

Te iubesc pe scurt ! Pur si simplu...

 

 

L'arbre tuteur

 

J'ai pris mon enfant près de moi, lui qui pétille de cette vie d'été qui le rend si heureux.

 

S'il avait voulu me faire remonter le temps il n'aurait pas fait mieux, pour me rappeler le temps de l'insouciance des vacances.

 

Je lui ai raconté l'histoire de la famille, les espoirs de l'humanité.

 

A son habitude d'écouter il n'a pas démenti. Pour me regarder de ses yeux lumineux qui donne à mon statut de père la vérité.

 

Ses questions sur l'incompris sont toujours pertinentes, comme l'est l'enfant qui croque l'air que sa mère lui a permis de prendre dès ses premières heures.

 

Moi je ne suis qu'un arbre tuteur qui lui permet de prendre bien racines, pas loin de moi, mais pour savoir s'en aller chercher l'eau et la lumière où il voudra la prendre.

 

Nous ne sommes que parents passeurs de l'histoire et de la vie qui ne doit être jamais considérer comme possession.

 

La vie, le souffle, la lumière est la propriété de tous et non d'une seule personne.

 

Je suis heureux de voir les jeunes oiseaux s'envoler de leurs ailes juvéniles d'un nid qui les a abrité.

 

Enfin leurs vols viennent remplir le ciel de dessins à l'encre sympathique, dont le trait, sitôt tracé, s'efface sans laisser d'ombre.

 

 

 

La porte des limbes

 

Un espace de vide s'est créé autour de moi, le silence et l'absence se sont faits compagnons de mes heures.

 

Alors même que quand j'écris ma musique j'y ajoute parfois des temps qu'on n'entend que par le cœur, là j'entends de l'inaudible comme on percevrait un être invisible sur lequel la pluie ferait forme grâce à ses gouttes.

 

Alors que mes sens quêtent encore l'odeur, le parfum de ses cheveux, mes mains tentent de lire le braille de sa peau absente, quand je lis les frissons sur ses bras, dans son dos, sur son visage.

 

Si je la sais en larmes, je fonds moi-même en ruisseaux et parfois même en torrents. Si je la sais sourire, je ris alors aux anges, à la brillance de la nacre qu'elle découvre entre ses lèvres.

 

Aucune carte routière ne propose de chemins à ma route.

 

Le hasard est devenu le patron de mes pas, qu'ils aillent au nord ou au sud, qu'importe.

 

De bottes usées à en sentir le cuir brûlé je capture les miles routiers comme on enferme dans nos bras nos colères.

 

Ombre en déroute, il suffit alors de laisser tourner le soleil autour de mes pieds pour qu'il continue à se noyer dans mon corps et en dessiner la silhouette sur le moindre mur, sur le sol.

 

Rage des souffles acides, aux pires des malheurs qui terrassent les enfants des favelas, colère qui sort de nos poitrines jetées en avant, nous lâchons le cri tel le premier qui fut à notre naissance.

 

Et je sens malgré tout encore le vide, son vide, ce qu'elle me manque quand je mesure l'espace, distance et temps entre elle et moi.

 

Et dans mon rêve du soir, lorsque j'ai laissé s'ouvrir la porte des limbes, en passage vers l'onirique charnière qui me permet de la retrouver.

 

Sous les auspices d'une fée en rouge habillée, qui chasse la poussière de son vol céleste, je lève les yeux vers les astres cachés entre les nuages.

 

Nous tapissons nos vies de cloisons invisibles qui ne nous servent qu'à accrocher des tableaux pacotilles... meilleur est le vide qui nous fait capter l'air et l'espace, les énergies du mouvement et l'élan vital de la nature.

 

Je m'en vais rêver... voir ce que me diront ceux qui sont partis afin de revenir demain, nourri de l'amour qui manque à ma vie.

 

 

 

Vers en ligne

 

Quel sera demain l'air qui fera flotter des notes bleues autour des mots ? hier soir et ce jour j'ai rencontré des musiciens au grand cœur qui ont donné à leur public l'essence de l'humain... la gratuité d'un sourire, l'authentique du geste, les mélodies de la joie... Mmmm, un régal !

 

A la rencontre des plaines sans dimensions retenues nous irons galoper.

 

Dans les montagne nous rencontrerons des félidés en chasse.

 

Au gré des chemins improbables le groupe ira redécouvrir l'essence de la nature, dans ce qu'elle n'a rien à mentir, au contraire des faux-semblants de l'homme.

 

Puis au soir venu, sous l'éclat inox de l'astre platine nous donnerons ode à la femme, mère et aimante des fils que nous sommes.

 

Qu'une pluie vienne à tomber sur nos épaules, alors nous poserons nos chapeaux afin d'en sentir l'eau recouvrir nos cheveux d'errants chercheurs de sens.

 

Une guitare, un ami, un feu, un camp, un ranch... quel est le sens même du mot partage ou de celui de l'amitié, ou bien encore du plaisir simple d'un moment survenu sans qu'il ait été pensé avant ?

 

Prenons à la sève des arbres l'humble silence et patience qu'elle possède pour laisser courir son flot au sein des troncs frêles afin qu'ils puissent devenir larges et puissants.

 

Cavalier solitaire, chanceux Luke au chapeau couleur neige, il n'est pas de love-singer qui sache encore donner aux mots la suavité qui leur est nécessaire pour devenir de douces couvertures d'âmes en peine.

 

Et j'entends venant des forêts de l'est la voix ensorcelante d'une sorcière rouge accompagnée des démons du blues. Sous des auspices en La mineur je chante sur un chariot chargé de paille en me beurrant des tartines à la cancoillotte...

 

Plus aucun souffle de vent ne vient nourrir le feu et entre les arbres d'une clairière inconnue des cartes nous entonnons le canon du ranch antillais.

 

Ni les flots, ni les voiles des navires fous n'ont emporté trop loin la prose au parfum trouble des whiskys irlandais.

 

Dans l'échoppe de la vieille écossaise le riff taillé dans le diamant a résonné pour faire naitre les vibrations celtiques.

 

Aucunes de celles qui ont entendu les premières notes, aucuns de ceux qui ont perçu les premiers mots n'ont pu rester de marbre ou se fossiliser en arbre de silice.

 

La sorcière rouge a jeté son ombre sur le bleu des pensées sombres de ma vie.

 

Paradoxe d'un sort qui inverse les ordres émanant ce fut la lumière qui embauma ma vie d'une nouvelle senteur de fleurs camellia sinensis.

 

Pour peu, que suis-je ce soir ? homme égaré dans l'espace involontaire d'un trou d'air au milieu du plafond d'étoiles qui baigne ma chambre ? est-il possible de trouver d'autres phases qui s'inversent en courant électrique ?

 

Dans le creux de ses bras ouverts elle a mis ma peine dans un gant de velours mauve.

 

Elle a fait naitre dans mes yeux l'ère d'un autre monde.

 

Pour elle je ferai vivre en mots démiurges un monde autre qui sera dépourvu de grêle tombant sur les enfants espérant.

 

Voici que mon soir avance et que la nuit m'appelle de sa voix invisible.

 

Il est sans doute temps d'appeler l'ascenseur de 22h43 ? je ne le sais, de toute façon j'ai révisé mon cours de mathématiques souterraines et rien que ça m'endort jusqu'à l'aube des montagnes.

 

Allons-y ! amis des mots qui effleurent les joues des nourrissons nostalgiques... nous ne sommes ni dingues, ni paumés, simplement joueurs de hochets romanesques qui éclosent aux soirs blancs de prières équinoxes.

 

Nul champ ne possède de terre suffisamment pauvre pour empêcher aux esclaves aux mains d'or de planter les graines de l'espoir.

 

Et nul cercle d'acier ne sera jamais assez solide pour faire de chaines les liens métal qui tentent d'étouffer le génie de la liberté !

 

Ouvrons nos yeux pour qu'ils s'emplissent des sons lumineux des astres nocturnes.

 

Dans la nuance de gris et de rouge d'un tableau céleste flamboyant les hommes iront tisser les robes pour chaque femme en devenir de princesse.

 

Point n'est besoin d'autre richesse que celle qu'on donne avec le cœur !

 

Alors, peut-être y-a-t-il quelque princier mariage en des endroits autorisés aux nantis qui captivent les crédules ? qu'importe, si nous percevons dans l'arbre de notre vie la moelle substance et sève qui nous lie les uns aux autres sans autre besoin que de se sentir bien...

 

Je sais que chaque mère saura toujours faire de ses bras la plus belle des citadelles de paix, imprenables par les plus mauvais rêves.

 

Et tandis que les enfants continueront d'être bercés, les mamans garderont leur voix pour créer la plus simple des musiques d'amour, dans un assemblage magique de notes simplement sincères.

 

 

 

Le "toi" du Monde

 

Comment serait le monde s'il n'était pourvu d'un peu de terre et d'eau ? chaque élément, si simplement ajouté, peut donner de le peu qui permettra que se produise ce cycle d'engendrement de la vie...

 

Laissons nos pieds reposer sur le sol brun tandis que nos cheveux sont mouillés de la pluie.

 

On sentira nos corps se laisser recouvrir de l'élément liquide avant que celui-ci ne disparaisse au sol et dans l'air.

 

On sentira sous nos semelles de cuir la croute de terre se ramollir jusqu'à devenir sillon de boue.

 

De tout cela pourra naitre le mouvement d'un torrent qui formera la plus grande des rivières, comme le cri d'un nouveau né peut engendrer le chant des mères rassemblées.

 

Et si le monde donnait un toit à chacune des âmes qui le peuple ? chaque hutte serait la plus grande des maisons, dans l'humilité de sa structure végétale, pour accueillir les vagabonds de la vie.

 

Car celui qui n'a pas de maison fixe n'est pas pour autant privé d'un logis.

 

Tout lieu ouvert à son pas devient sa demeure, que ce soit pour une nuit ou une vie.



Les appels de l'histoire

 

S'il m'était donné de pouvoir être sculpteur, à façon de la pierre je ferai naitre une statue du roc.

 

Elle n'aurait pas besoin de socle pour reposer, juste l'espace d'un ciel immense au-dessus d'elle pour lui laisser la liberté de rayonner.

 

Serait-elle immuable dans le mouvement éteint de son attitude figée, qu'elle n'en aurait pas moins la vie.

 

Ebéniste des bois qui font résonner les sons encore et encore, quel luthier saurait s'accorder à ma prose ? je greffe en alchimiste quelques vers venus des abysses des âmes qui se croient perdues.

 

S'il n'est de chemin à trouver que le nôtre en propre, sans jamais savoir qu'on y marche déjà, alors qu'on n'en prenne conscience qu'à la fin...

 

Et parce que, pour moi, aucune divinité n'est à adorer davantage que le mystère de la nature elle-même, je loue le gré du hasard d'avoir jusqu'ici donné à ma vie ses occasions de réussites, et même celles de la douleur.

 

Pour ce que j'ai trouvé et pu garder en mon être, j'accepte la perte de ce que je n'ai pu garder près de moi.

 

Renoncement incessant du cycle des liens et rupture, je me lie pour délier les sorts jetés aux vies des souffrants que j'entends.

 

Ce qui ne fait que sourdre de leurs maux d'humains sans guidance, sans carte ni autre boussole, les attache encore plus aux faux prophètes et marchands de fantômes sombres.

 

Que l'errance soit spirituelle, sociale ou politique, est-il possible de chercher ailleurs la raison que dans des préceptes absurdes qui rendent la pensée stérile ? s'il faut lâcher un livre, alors qu'on les lâche tous... et s'il faut n'en garder qu'un, alors que ce soit celui de notre vie, dans ce qu'elle aura eu de sens pour la vie des autres.

 

Le temps de la seconde, tu auras vécu le siècle de l'écho de l'univers.

 

Ta pensée, ton inconscient sont les plus grands réservoirs d'énergie qui existent et qui puissent te nourrir.

 

Tel Erich Fromm, retrouvons le langage oublié, dans ce qu'il n'a jamais cessé d'exister, en toutes cultures, quand bien même il n'a jamais été compris.

 

Rêve, songe, nuit, autre scène... je me nourris des appels de mon histoire qui cherche sans cesse à surgir dans le présent par tous moyens.

 

C'est ainsi que peut se dessiner la non-crainte de l'avenir, pour ce qu'il donnera de surprise dans le champ de l'advenir.

 

 

 

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Commentaires: 1

  • #1

    Jacques (lundi, 25 juillet 2011 23:18)

    Merci pour la poésie qui nous fait du bien

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